Conseils aux couples fertiles pour leurs amis infertiles!

Pour ĂȘtre moi-mĂȘme passĂ©e par la case infertilitĂ© (il m’a fallu plus de 4 ans et demi avant de connaĂźtre les joies de la maternitĂ©), je sais combien il est difficile quand on galĂšre d’entendre les propos de ceux qui ont des enfants Ă  la minute mĂȘme oĂč ils l’ont dĂ©cidĂ©.

Et pourtant, si j’écris aujourd’hui, c’est pour donner quelques infos aux personnes fertiles qui souhaitent aider leurs amis infertiles.  Parce que avoue que ce n’est pas Ă©vident


Si vous avez des amis fertiles, faites-leur lire cet article!

bff

 

Pour comprendre les principales difficultés des infertiles:

  • l’incertitude totale.  Si on nous disait « il faut attendre deux ans avant d’ĂȘtre parent» on pourrait encore se dire « ok soyons patients ».  Mais l’infertilitĂ©, ce n’est pas ça. Et cette incertitude nous enferme dans une solitude Ă©norme, on se sent complĂštement seul (ce qui est incroyable d’ailleurs quand on sait qu’un couple sur cinq connaĂźt des difficultĂ©s Ă  concevoir un enfant)
  • Bien sĂ»r il y a la lourdeur du mĂ©dical : le rythme fatigant des traitements hormonaux, des examens Ă  n’en plus finir (et en prime si tu es dans un hĂŽpital universitaire, tu as droit Ă  toute la promo de mĂ©decine qui vient observer
)
  • Les Ă©checs Ă  rĂ©pĂ©tition : chaque mois est un constat d’échec et les jours qui prĂ©cĂšdent l’arrivĂ©e des rĂšgles est un faux espoir nourri du moindre symptĂŽme de grossesse
  • le couple en prend un coup parce qu’en plus des cĂąlins programmĂ©s (pas top pour la libido, surtout avec les annĂ©es
), un sentiment de culpabilitĂ© peut aussi Ă©merger (surtout si un seul des deux est diagnostiquĂ©)
  • En prime, cette infertilitĂ© remet en question toute la fĂ©minitĂ© ou virilitĂ© de la personne.  Ca va bien plus loin que l’enfant tant attendu, c’est son corps qu’on finit par dĂ©tester (les femmes dĂ©testent souvent leur ventre puisqu’il n’est pas capable de donner la vie, elles se sentent « vides Ă  l’intĂ©rieur »).

Au fur et Ă  mesure de mon parcours, j’ai fini par comprendre que les maladresses des amis fertiles partaient en fait d’une bonne intention (enfin au moins 9 fois sur 10).  Mais je confirme qu’on ne le perçoit pas du tout comme ça au moment-mĂȘme


Bon, en clair, voici quelques conseils Ă  toi fertile si tu veux Ă©viter les maladresses:

1/ ArrĂȘte de dire « c’est parce que tu y penses trop »!

Alors, celle-là, vraiment, on n’en peut plus!
Parce qu’avec les mois (et les annĂ©es) qui passent, cette sacrĂ©e horloge biologique qui s’est mise Ă  faire tic tac, les examens Ă  n’en plus finir, les cĂąlins sur commande et les traitements Ă  heure fixe, avec la meilleure volontĂ©, je ne vois pas trop comment on pourrait arrĂȘter d’y penser?!

Et en prime, ça sous-entend que c’est un peu de notre faute.  La culpabilitĂ© en plus, non merci!

2/ Evite de dire « je te comprends »

A moins que tu sois toi-mĂȘme passĂ©(e) par lĂ , non tu ne peux pas comprendre
 tu peux imaginer, mais pas comprendre.
Surtout celles qui nous disent « ah oui moi c’était pareil, on a attendu 3 mois »!
Nooooon, c’est pas pareil! MĂȘme sans ĂȘtre dans la compĂ©tition d’expĂ©rience (on n’est pas lĂ  pour savoir laquelle a le plus mal), compare des pommes avec des pommes et quelques mois versus plusieurs annĂ©es, c’est pas comparable (surtout passĂ© la trentaine, oĂč le taux de fertilitĂ© diminue constamment).

3/ ArrĂȘte de nous demander « alors, vous en ĂȘtes oĂč ? »

Parce qu’en gros, la rĂ©ponse c’est « toujours au mĂȘme point »! En PMA, la lenteur mĂ©dicale est Ă  peu prĂšs identique Ă  l’arriĂ©rĂ© judiciaire, on met 3 ans!
Le pire surtout, c’est que ça nous renvoie Ă  ce « stand by ».  Dis-toi bien que le jour oĂč il y aura du nouveau : tu le sauras!

4/ ArrĂȘt de nous dire « Vous devriez partir en vacances/vous marier/dĂ©mĂ©nager/  »

Si des vacances, un mariage ou un dĂ©mĂ©nagement Ă©taient un remĂšde Ă  l’infertilitĂ©, ça se saurait


5/ Evite de te plaindre de tes gamins qui n’ont pas rangĂ© leur chambre (ou des maux de grossesse)

Parce que ces problùmes-là, les infertiles vous donneraient tout l’or du monde pour les avoir


6/ Evite les remarques du style « Vous au moins vous pouvez profiter! »

Profiter de quoi ? des rendez-vous mĂ©dicaux Ă  7h du mat’ quand tu as une heure et demie de route pour te rendre au centre PMA ? profiter des piqĂ»res que tu peux te faire seule comme une grande ? (et de te cacher dans les toilettes du restaurant en Ă©vitant de passer pour une toxicomane qui prend sa dose!), des hormones qui jouent aux montagnes russes ? (et les kilos qui font pareil!)

7/ Evite de nous rappeler la lourdeur des traitements et des examens
Je me souviens d’une amie qui me disait « ohlala, moi je ne sais pas comment tu fais pour tenir le coup.  AprĂšs 4 mois et sans aucun examen, j’étais dĂ©jĂ  complĂštement dĂ©moralisĂ©e  ».  Oui c’est sĂ»r qu’en pensant comme ça, aucune chance de savoir ce que c’est que d’ĂȘtre maman.  C’est suffisamment dur, pas la peine d’en rajouter.

8/ Evite de croire que d’office l’un des deux a un « problĂšme »

Aujourd’hui, 15 Ă  20% des cas d’infertilitĂ© sont inexpliquĂ©s.  Qu’un diagnostic mĂ©dical ait Ă©tĂ© posĂ© ou non, le fait de demander lequel des deux a un problĂšme revient Ă  nous demander : « c’est qui le coupable ?! »

9/ Vouloir rassurer sur les fausses couches, en nous disant que c’est bon signe, ça veut dire que ça marche!

Non, une fausse couche n’est pas un bon signe! C’est une douleur supplĂ©mentaire, et c’est tout.

10/ Nous rassurer sur notre ñge

Avec la meilleure volontĂ© du monde, votre sympathie vis-Ă -vis de notre Ăąge ne changera en rien les statistiques mĂ©dicales.  Nous dire « vous ĂȘtes encore jeunes », c’est peut-ĂȘtre vrai pour un job mais pas pour la fertilitĂ©.

 

C’est vrai que le sujet met mal Ă  l’aise, bien sĂ»r.  Il y a des moments oĂč on ne sait pas quoi dire.  Et bien tu sais quoi ? c’est pas grave.

Une petite phrase pour nous dire « si t’as envie d’en parler ou de te changer les idĂ©es, je suis lĂ  pour toi » suffira largement.

Chacune rĂ©agira de façon diffĂ©rente, certaines voudront parler de leur infertilitĂ©, de leurs examens alors que d’autres n’en diront pas un mot.

Peu importe, il n’y a pas de mode d’emploi.  On a juste besoin de savoir qu’en amitiĂ©, l’autre est lĂ  pour nous.  Que ce soit pour se changer les idĂ©es ou se confier.

 

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